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Saint Georges sur Fontaine => 

       RENCONTRE AVEC UN TAXIDERMISTE ...

Aujourd'hui, ils sont de moins en moins nombreux à exercer le métier.......

On en compte 150 en France. A l'image de Bertrand Quesnay, la plupart vivent leur profession avec passion. Mais aussi avec des préjugés qui leur collent .....à la peau.



Voila un métier peu ordinaire et assez méconnu, avec bon nombre de préjugés. Et pourtant, bien loin des images "gores", la taxidermie mélange à la fois art et passion. Empailler un animal, c'est aussi lui rendre son histoire et le remettre en vie avec l'imaginaire du client. Tout du moins, c'est le point de vue de Bertrand Quesnay, taxidermiste depuis plus de trente ans.

Du sur-mesure

C'est sûrement la clé de la réussite. Dans son atelier, il ne fonctionne pas comme certains de ses compères, privilégiant le contact avec le client. Alors que d'autres donneront des formes semblables à leurs têtes, Bertrand personnalise chacune d'entre elles, rendant son travail différent à chaque fois.


L'atelier est en libre accès. Rien pour impressionner, pas de vitrine. Des détails peut-être. Mais un moyen utile pour instaurer le contact avec la clientèle, pour répondre aux nombreuses interrogations et par la même occasion enlever certains clichés : " les gens s'immaginent notre mêtier comme de la boucherie, sans respect des bêtes, c'est totalement faux".

Au niveau de la conception, l'idée est claire: " Chaque animal a sa propre histoire, cela doit être respecté, ce n'est pas un objet. Au final, je dois donc retranscrire, à travers sa posture, le vécu de cet animal".

De cette façon, les moules qu'il fabrique- notamment pour le cou et les épaules de la bête- sont tous différents. Lorsque quelqu'un lui apporte une tête d'un animal plutôt frêle, le moule se doit de correspondre à cette corpulence. Ce n'est pas le cas de tous les taxidermistes. D'autre ont des fournisseurs et empaillent les bêtes avec des moules identiques, de même dimension. Ce choix facilite aussi le travail. " Obligatoirement, la peau s'adapte à la corpulence. Par exemple, on ne peut  pas remettre la peau d'un chevreuil avec une tête fine sur un moule qui est réservé à une tête plus volumineuse, dans ce cas là, c'est du bricolage." Le prix, relativement élevé, est justifié.

Un métier artisanal et artistique

Avant d'en arriver à la finition, le travail s'effectue en plusieurs étapes. Et contrairement aux idées reçues, la minutie est de mise. 
La première étape est certainement celle qui provoque, à tort, ces pensées morbides quant au métier : le dépouillage. Le client dépose la tête de l'animal. Celle-ci doit être fraiche. Bertrand Quesnay commence par enlever la peau, de façon précise puisqu'il ne faut pas l'abîmer et il garde le crâne sur lequel il remettra le "cuir". Le tout est lavé dans le but d'enlever le sérum. S'enchainent le bain de tannage, pour enlever les impuretés, le grattage et un nouveau lavage. Avant dernière partie, sans aucun doute la plus complexe, le montage. La peau doit être correctement enfilée sur le crâne et les moules, au centimètre près. Dernière phase, le maquillage consiste entre autre, à remettre de faux yeux ou de fausses langues.

D'autres animaux, eux, sont reconstitués en entier. Les oiseaux le sont en grande partie. Dans le même souci de cohésion, la posture de l'oiseau est respectée. Une pie ne se tient pas de la même façon qu'un geai des chênes. Tout en sachant que depuis la Convention de Washington  de 1976, tous les animaux ne peuvent être chassés et empaillés.

En reproduisant  l'histoire de la bête à travers sa posture, son regard et sa taille, le taxidermiste démontre son intérêt à la cause animale. Fini donc toutes les idées qui sortent de la tête......

(Article paru dans " le Bulletin de l'Arrondissement de Rouen" le 9 Août 2011 et rédigé par Victorien Lenud )

 
Tag(s) : #ARTICLES PRESSE ET WEB

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