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ENTRE LA VIE ET LA MORT

 

 

On a beau dire, on a beau faire..... la taxidermie a un petit côté inquiétant. Figer la nature de telle manière, ça ne peut être que l'oeuvre d'apprentis sorciers. D'ailleurs, le cinéma a bien souvent exploité l'aspect mystérieux et terrifiant des animaux empaillés : films fantastiques, d'horreur..... La "nature morte" y est employée comme faire-valoir de savants à l'esprit un peu troublé ou d'adorateurs du macabre.

 

Pourtant, lorsque l'on rencontre Bertrand QUESNAY, taxidermiste ......tous les a priori s'envolent. Chez lui, rien ne rappelle un quelconque docteur Frankenstein. Petites lunettes, aspect souriant, voix douce....... Un taxidermiste nouvelle vague peut-être. En tout cas, il aime passionnément son mêtier et communique le virus à ses interlocuteurs. Sa conception de la taxidermie est déterminée par deux sources d'inspiration: son père, qui a lui-même exercé cette profession et ses études à la North School of Taxidermy, influence plus pragmatique et académique.

 

De la technique aux animaux

 

La taxidermie ( du grec Taxis: arrangement et derma: peau) peut être considérée comme une lutte contre les ravages de la mort. C'est donner à des corps inanimés une apparence de vie. Les techniques de " recréation" sont des plus minutieuses et varient sensiblement selon la taille de l'animal.

 

Pour les oiseaux et le petit gibier, Bertrand Quesnay ôte toutes les parties charnues et ne garde que la peau. Un dépeçage en bonne et due forme. Par la suite, il constitue une armature en fer et en paille et donne l'attitude voulue à l'animal. La tête reçoit un traitement spécial : elle est garnie de terre et les yeux sont remplacés par des imitations en verre. Le travail sur les oiseaux requiert une connaissance très pointue dans le domaine ornithologique afin de reconstituer  des attitudes plausibles. Ce n'est pas par hasard si Bertrand Quesnay évolue, depuis son enfance dans les milieux de la chasse.

 

....

 

Des animaux aux hommes

 

A peu près sept cent taxidermistes officient actuellement en France. Mais comme l'explique Bertrand Quesnay, beaucoup de personnes travaillent au noir dans ce secteur. En effet, les officiels subissent des contrôles rigoureux et ont interdiction d'empailler des races protégées. Les officieux ne s'embarassent pas de telles considérations et travaillent sur tout ce qui se présente.

 

Mais qui vient "consulter" les taxidermistes, et que placent -ils entre les mains expertes de ces hommes ? En général, il s'agit de gibier ( chevreuil, sanglier ..)amenés par des chasseurs désireux de conserver un souvenir impérissable de leurs actions d'éclat, ou plus prosaïquement des personnes qui renversent , en voiture, des renards ou d'autres espèces et qui apportent leur "butin" dans l'atelier de Bertrand Quesnay.

Travail ingrat par son aspect sanguinolent et oeuvre géniale de reconstitution de la vie, la taxidermie n'existe peut-être que pour conjurer la peur qu'éprouvent les humains devant la mort.

 

H.P.

 


 


Tag(s) : #ARTICLES PRESSE ET WEB

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